Association Kan Jizai

"Etudier la Voie, c'est s'étudier soi-même
S'étudier soi-même, c'est s'oublier soi-même
S'oublier soi-même, c'est être en unité avec toutes les existences"
Maître Dôgen
   Sendan Zenji


Histoire du Zen
Les origines du Zen remontent au Bouddha Shakyamuni en Inde au VIème siècle avant JC. Ces enseignements se sont répandus par la suite en Chine et devinrent le Chan, qui introduit au Japon devint le Zen.

L'histoire du Zen est intimement liée à celles des maîtres qui l'ont transmis à travers les siècles.
Le Bouddha Shakyamuni
Né au VIème siècle avant J.C dans une famille princière, Siddharta Gautama grandit dans l’aisance et à l’abri des vicissitudes de la vie. La légende rapporte qu’à sa naissance, les devins avaient prédit qu’il serait un souverain universel, un Bouddha. Son père qui souhaitait que son fils mène une vie de prince puis de souverain, avait donné l’ordre que tout spectacle déplaisant soit épargné à son fils.

Mais un jour, Siddharta Gautama avait enfreint cette règle et il sortit se promener en dehors de la ville. Il rencontra un vieillard, un malade puis un cortège funèbre. La réalisation de l’impermanence de toute chose éveilla en lui bodaishin, l’esprit d’éveil, et lui fit quitter palais et richesse pour une vie de renonçant.

Il se mit en quête de maîtres capables de lui enseigner les techniques spirituelles, mais les enseignements qu’il reçut le laissèrent insatisfait. Il observa alors une ascèse rigoureuse mais réalisa au bout de quelque temps que cela ne le mènera pas à l’éveil.

Assis sous l’arbre de l’éveil ( Ficus Religiosa) sur une jonchée d’herbe, dans la posture du lotus, il prit la décision de ne pas bouger tant qu’il n’a pas atteint l’éveil. Il avait alors trente cinq ans. L’éveil et la vie du Bouddha sont relatés dans plusieurs sutras ( en particulier le Majjhima- Nikaya) et ouvrages ( Le Bouddha, par Jacques Brosse aux Editions Pygmalion – Le Bouddha historique, par H.W.Shumann aux Editions Sully).



Bodhidharma, le premier patriarche chinois. Vème siècle.
Bodhidharma était le troisième fils du roi d’un état du sud de l’Inde. Déplorant la décadence de l’enseignement authentique du Bouddha, il décida de quitter son pays pour la Chine.

Il arriva au sud de Canton vers l’an 470 puis alla s’installer à Luoyang au temple de Shaolin où il pratiqua la méditation sans interruption pendant neuf ans.


Il eut deux disciples aux motivations profondes, Tao-yu et Houei-k’o (Eka en japonais), qui le servirent pendant six ans. Selon la tradition Houei-k’o reçut de lui la transmission et devint ainsi le deuxième patriarche chinois.

Eihei Dôgen (1 200 – 1 253)
Né le 2 janvier 1200, à Uji, près de Kyoto dans une famille du clan Minamoto, Dôgen perd son père alors qu’il n’avait que deux ans et sa mère à l’âge de huit ans. En voyant la fumée d’encens s’élever lors des funérailles de sa mère, il eut sa première pensée d’éveil en réalisant l’impermanence de toute chose.

A l’âge de treize ans, il rejoint le monastère de Senkôbô sur le mont Hei contre l’avis de son père adoptif qui le prédestinait pour une brillante carrière à la cour. Un an plus tard, il reçut l’ordination de moine.

A l’âge de dix-sept ans, Dôgen rejoint le Kennin-ji, auprès du maître Myôzen, héritier légitime d’Eisai. Il suit ses enseignements pendant six ans puis l’accompagne en Chine. C’est là qu’il rencontrera Maître Nyôjo dont il reçut la transmission.

De retour au Japon, il fonde son premier temple, le Kôsho-ji à Uji. En 1243, à la requête d’un de ses disciples laïques, Hatano Yoshishige, il fonde le temple de Eihei-ji, qui est aujourd’hui un des deux principaux temples du zen Sôtô.



Taisen Deshimaru (1914 – 1982)
Né à Saga en 1914, Taisen Deshimaru devient disciple de maître Kodo Sawaki dans les années 1930. Ce dernier est l’un des maîtres zen les plus influents au XXème siècle : il a particulièrement insisté sur l’importance de la pratique de zazen et a été un de ceux qui ont ouvert cette pratique aux laïques. A la différence de la plupart des maîtres zen, Taisen Deshimaru a continué à mener une vie séculière tout en suivant l’enseignement de son maître. Il reçoit l’ordination de moine en 1965, peu de temps avant la mort de Kodo Sawaki. En 1967, il se rend en Europe et s’installe à Paris pour transmettre l’enseignement du zen.

Dans les années 1970, sa mission prend toute son ampleur. Il reçoit la transmission du Dharma de Maître Yamada Reirin, supérieur de Eihei-ji et devient kaikyosokan (responsable du zen Sôtô japonais dans un pays ou sur un continent) en Europe. Il forme de nombreux disciples et sous son impulsion un grand nombre de lieux de pratique sont créés. Il fond l’AZI en 1970 et le temple Zen de la Gendronnière en 1979. Il décède en 1982 après avoir fortement implanté la pratique du zen en Europe.